C’est en plein mois d’août que les systèmes français et britannique de lutte contre le piratage ont été touchés. En France, c’est le départ du secrétaire général de l’Hadopi qui ramène les interrogations sur l’avenir de cette organisation. A Londres, c’est la haute cour de justice qui fait de tout citoyen ayant transféré un cd sur son ordinateur un délinquant.
On savait les mois d’août délicats pour les marchés financiers. Désormais, ils le sont aussi pour la lutte anti piratage. La France et le Royaume-Uni l’ont illustré cet été, chacun à leur façon, traduisant une sorte de malaise dans la régulation axée sur la lutte contre le piratage et le téléchargement illégal, alors que les pratiques se déplacent de plus en plus vers les sites de streaming.
Au milieu de la torpeur vacancière, le 3 août, le secrétaire général de l’Hadopi, Eric Walter annonçait qu’il n’occupait plus son poste depuis 3 jours, se refusant à tout commentaire. Ce silence est partagé par l’institution chargée de la lutte contre le téléchargement illégal. Pour Franck Crison, Ingénieur de recherche de l’école d’ingénieurs du monde numérique ESIEA, pas besoin de nouvelles compétences mais de beaucoup de polyvalence pour accompagner l’essor du secteur des objets connectés.
Bien que les chiffres varient selon les sources, les études en France et dans le monde s’emploient à confirmer qu’une explosion rapide du nombre d’objets connectés accompagnera les années à venir ; leur nombre passant de moins de 6 milliards en 2016 à plusieurs dizaines de milliards d’ici 2020. Une multiplication due à la convergence de technologies (du smartphone au cloud et au big data) ainsi qu’à la convergence d’usages personnels, professionnels et publics. Le gouvernement français, a ainsi placé le domaine des objets connectés dans la liste des 34 priorités industrielles françaises.
Pour les futurs ingénieurs, l’internet des objets (IoT) est aussi synonyme de parcours innovants et d’entrepreneuriat. Il reste en effet beaucoup à inventer, ne serait-ce que dans des domaines comme la santé ou l’éducation. Aujourd’hui, de nombreuses écoles proposent des formations orientées IoT, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il existerait pour l’ingénieur une discipline unique, spécialisée ou nouvelle concernant ces objets.
ENTRETIEN Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, explique pourquoi l’agence spatiale française (Cnes) se dote d’une nouvelle direction de l’innovation, pilotée par les besoins des usagers et non plus par les technologies.
L’Usine Digitale – Internet par satellite, fusée réutilisable, satellites à propulsion électrique… Comment expliquer un tel foisonnement en termes d’innovations spatiales ?
Jean-Yves Le Gall – La cause racine de ce foisonnement, c’est l’abaissement du coût d’accès à l’espace. Depuis deux ou trois ans, les satellites sont entrés dans l’ère de la production industrielle et le prix du kilo en orbite a été divisé quasiment par deux. Par conséquent, de nouveaux entrants arrivent sur le marché avec de nouvelles idées. D’une part, les acteurs du “NewSpace” américain se multiplient, notamment les start-up californiennes qui fourmillent de projets. D’autre part, de nombreux pays émergents veulent disposer de leur propre système de télécommunications ou d’observation par satellites.
En parallèle, l’usage des technologies spatiales s’est grandement simplifié. Quelques ingénieurs derrière un pupitre suffisent pour opérer un centre de contrôle et de réception des images de satellite. Il y a dix ans, il en fallait une centaine. Aujourd’hui on fait pratiquement du spatial sur un PC ! Les acteurs traditionnels tirent largement profit de l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs. Ariane 6 va en bénéficier grandement. Au centre de lancement d’Ariane 5 en Guyane, les ordinateurs occupent tout un étage. Cet espace sera considérablement réduit pour Ariane 6. Les satellites ont aussi leur loi de Moore. Pour une masse donnée, leur capacité de transmission est multipliée par deux tous les quatre ou cinq ans.
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Avec l’émergence de ces nouveaux acteurs, l’innovation change-t-elle de cap ? Se dirige-t-on vers un espace tourné vers plus de rentabilité ?
L’espace commercial a toujours été très rentable. Les grands opérateurs de satellites commerciaux affichent d’excellentes rentabilités. Toutefois, de nouveaux besoins émergent.
La connexion permanente à haut débit est au cœur des grands projets de constellations. On attend aussi des services ambitieux liés à l’amélioration des technologies d’observation satellitaire. Il s’agit ni plus ni moins d’avoir dans la poche l’équivalent d’un Google Earth en temps réel et en haute résolution. Demain, les familles pourront savoir si les enfants jouent dans le jardin en consultant leur smartphone ! Ce n’est pas un scénario à la James Bond (dans l’une de ses aventures, 007 est capable de lire une plaque d’immatriculation grâce au satellite, ndlr). Nous ne sommes plus très loin en termes de résolution.
Pourquoi croyez-vous autant au succès de ces nouveaux services ?
Les utilisateurs finaux, qui n’ont rien à voir avec la communauté spatiale au départ, inventeront les usages de demain. Les nouvelles applications répondront à des besoins réels et précis. Aujourd’hui déjà, à partir des images satellite, se multiplient des solutions conçues par des cabinets d’architectes, des services d’aménagement du territoire, des exploitants de réseaux GSM… Les possibilités son infinies. Ces futurs services satellitaires existeront et seront distribuées comme les applications de nos smartphones. N’y a-t-il pas un risque “d’uberisation” de la filière spatiale qui pourrait voir ses services et sa technologie réduits à une commodité ?
Comme pour d’autres secteurs économiques, le débat va exister pour le spatial. Toutefois, on ne peut que se féliciter qu’il y ait de plus en plus d’utilisateurs des services satellitaires. Mais la communauté du spatial n’a pas une connaissance globale de ces utilisateurs et de leurs besoins. Elle doit s’ouvrir.
Nos équipes se sont récemment rapprochées des acteurs de la communauté de l’eau. Nos deux mondes sont a priori très différents, pourtant le futur satellite d’observation SWOT que nous développons avec la NASA fournira des mesures d’hydrographie précises des terres émergées et du littoral. Il sera alors possible d’imaginer des applications pour mieux gérer les ressources en eau douce. Ce sera certainement l’un des principaux enjeux des 10 ans à venir au niveau mondial.
Il y a 15 ans, les premières constellations comme Globalstar ou Iridium ont été des succès techniques mais des échecs commerciaux. Pourquoi ? Parce qu’elles avaient été imaginées par les industriels du spatial pour faire du chiffre d’affaires. Les projets actuels de constellations sont beaucoup mieux nés car définis par les clients finaux, comme Google. Leur souci est de connecter la planète, quels que soient les moyens. Les discussions avec les représentants de Google X sont frappantes : ils sont focalisés sur leur objectif final et rapidement, on ne sait plus si on parle de satellites, de ballons ou de drones…
La démarche d’innovation sera totalement renversée. Nous sommes en train de mettre en place une direction de l’innovation, des applications et de la science. Jusqu’à un passé récent, l’innovation au CNES émergeait essentiellement des ingénieurs. Elle était “technology driven”. Désormais, les applications ne seront pas définies directement par nos équipes. Celles-ci seront à l’écoute des attentes des utilisateurs afin de définir les moyens à mettre à disposition de l’industrie pour développer les systèmes les plus pertinents. Nous avons déjà déployé cette approche pour les satellites à propulsion électrique. Nous avons écouté les souhaits des grands opérateurs de satellites et soutenu le développement par les industriels d’une nouvelle ligne de produits qui connait un grand succès commercial.
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